mardi 14 décembre 2010

Le mythe en société

L’appareil idéologique est dans sa définition la conception qui veut nous faire croire que «tout va bien dans le meilleur des mondes». La troisième lecture participe à cet appareil dès l’instant où cette troisième lecture devient celle à laquelle on adhère. On participe ainsi au mythe en consentant à la fabrication d’une pensée propre à l’industrie culturelle (ici instaurée par Barbie).

Avec le mythe de Barbie, on naturalise toute la sphère de la beauté féminine. Les gens prennent pour acquis que les critères de beauté sont ceux de la poupée qui n’est en fait qu’un simple jouet aux mensurations tout à fait irréelles. On arrête d’user de notre pensée critique et on obéit plutôt au mythe.

De cette manière, «en passant de l'histoire à la nature, le mythe fait une économie: il abolit la complexité des actes humains, leur donne la simplicité des essences, il supprime toute dialectique, toute remontée au-delà du visible immédiat, il organise un monde sans contradictions parce que sans profondeur, un monde étalé dans l'évidence, il fonde une clarté heureuse; les choses ont l'air de signifier toutes seules.» (BARTHES)

L’anti-physis passe au pseudo-physis. Les gens acceptent tout simplement d’adhérer au mythe, sans penser aux réels impactes sociaux. Le monde devient donc superficiel et sans profondeur.

Concrètement, Barbie devient donc le symbole de la beauté et de l’idéal féminin lié à la société de consommation. Le mythe naturalise tous ces aspects. Les fillettes veulent  ressembler à leur poupée préférée : être belle, jeune, riche, etc. La pensée critique étant encore moins présente chez ces jeunes filles, le mythe peut s’installer plus facilement puisque la lecture qui est faite par ces dernières n’est pas assez profonde pour pouvoir défaire ledit mythe. 

samedi 11 décembre 2010

Les 3 lectures du mythe


Lorsqu’il est question d’un mythe, il y a trois façons différentes d’en faire la lecture; trois manières de déchiffrer ce mythe, de le recevoir. Pour arriver à faire ces lectures, il faut tenir compte de deux facteurs importants qui concernent le sens et la forme.
            --Pour Barbie, le sens renvoie à l’histoire de la poupée : les circonstances de sa création, le prix qu’elle se vend, le nombre d’accessoires disponibles, etc. D’une certaine façon, c’est un peu sa biographie. Bref, le sens tient compte de «la vie» de Barbie, aux faits réels qui définissent son existence.

            --En ce qui concerne la forme, cela réfère davantage à différentes représentations associées à Barbie, par exemple sa « beauté ». C’est prendre une seule caractéristique de Barbie pour la définir complètement. C’est aussi relié aux   controverses et aux enjeux entourant la poupée. Bref, la forme c’est rendre général quelque chose de spécifique.
Il est possible de parler de mythe dès que des concepts viennent transformer ou influencer la forme.



  1. La première lecture possible est celle du sens sans la forme :
            Pour ce premier déchiffrage, il s’agit en fait de ne tenir compte que des faits historiques de Barbie, de connaître l’histoire qui l’entoure. Par exemple, quelqu’un qui n’a jamais joué avec ladite poupée, mais qui connaît l’existence de Barbie en tant que jouet. Cette personne fait fi des enjeux socioculturels entourant le jouet. La personne qui fait abstraction de la forme et qui ne se concentre que sur le sens, a une trop grande connaissance du sujet pour se laisser embarquer dans la puissance du mythe. Le mythe ne peut donc pas exister puisqu’on fait abstraction du facteur de la forme.

  1. La deuxième forme de déchiffrage est celle de la forme sans le sens :
            Dans la deuxième lecture, il est question de la prise de conscience de l’existence du mythe, autrement dit, comprendre le sens généralement attribuer à celui-ci. Cette seconde lecture tient compte des enjeux et des controverses entourant le mythe, dans notre cas, Barbie. On connaît la mythification de ladite poupée sans toutefois y adhérer et être (ou avoir été) un adepte de la poupée en tant qu’objet ludique. Cette lecture est plus couramment associée aux spécialistes de l’étude des mythologies : les mythologues. Pour eux, il s’agit d’analyser le mythe dans son ensemble et d’être conscient des enjeux l’entourant. Dans le cas précis de la poupée Barbie, il serait question du fait que cette poupée est non seulement le symbole de la société de consommation, mais en plus représente un ensemble de critères de beauté et de féminité et un idéale féminin pour une majorité de fillettes et de jeunes filles. Ainsi donc, un mythologue aurait conscience de cet impact socioculturel, sans pour autant adhérer au mythe véhiculé. Encore une fois, le mythe ne peut fonctionner puisque justement le sens n’est pas considéré.

  1. La troisième lecture qu’on peut faire est celle du sens et de la forme ensemble :
            Avec cette manière de recevoir le mythe, on peut dire que le mythe fonctionne. En fait, en tenant compte du sens et de la forme, on est conscient des faits historiques, mais aussi des enjeux et des controverses. Malgré tout, on décide d’adhérer au mythe.   


mardi 12 octobre 2010

Personnifier Barbie: Quand le mythe devient vivant!

Oui, vous avez bien lu: Barbie est maintenant réelle!

Cindy Jackson, originaire de l'Ohio, a subi plus de 50 chirurgies plastiques pour enfin pouvoir ressembler à la poupée Barbie. Rhinoplastie, liftings des yeux, liftings du visage, implants aux joues, collagène dans les lèvres, opération dentaire, reduction du menton, liposuccions, traitements au laser des poils... et j'en passe. Tout ça pour personnifier l'une des icônes de beauté les plus célèbres: Barbie.

Mais bon, comme on dit, une image vaut mille mots.




Sémiologie du mythe de la poupée Barbie

        
      SIGNIFIANT                SIGNIFIÉ


Le nom, l’appellation, la marque «Barbie».





La poupée-jouet.
              SIGNE (SIGNIFIANT 2)

            SIGNIFIÉ 2


Le jouet Barbie qu’on associe généralement à la poupée grande, blonde, avec les yeux bleus.


Poupée intemporelle (qui reste indéfiniment jeune : pas de poils, pas de rides), mensurations irréelles. 
Associée au luxe et à la surconsommation.
                                             MYTHE


Poupée qui instaure des critères de beauté et un idéal féminin irréel. Elle installe des "normes" à atteindre (autant physiquement que matériellement). La populaire poupée met l'emphase sur la beauté extérieure, la superficialité au lieu de mettre de l'avant l'intelligence et la personnalité. Conception idéologique de la femme.


La poupée Barbie, qui devrait être perçue simplement comme un jouet, s'est  pourvue d'une nouvelle signification. On perçoit Barbie comme étant une poupée qui véhicule de mauvaises valeurs parce qu'elle privilégie des idées plutôt superficielles. 

Quand je dis Barbie, tu dis...??

Lorsqu'on entend le mot Barbie, à quoi pense-t-on?

À une poupée-jouet dans sa plus simple expression?
À une poupée bien innocente qui deviendra sous peu la meilleure amie d'une fillette?

Non.

On associe plutôt à cette poupée un caractère mythique bien particulier. Barbie fait rêver les petites filles. Sournoisement, elle ancre une image utopique de la femme.

Barbie a une poitrine protubérante, une taille plus fine que celle d'une guêpe et des hanches de Vénus. Un réel monstre si elle incarnait une femme humaine. Des scientifiques ont étudié les mensurations du jouet et ont conclu que le rapport entre le tour de taille de la poupée et sa hauteur était 39% plus faible que celui d'une anorexique. Pourtant, quand je dis Barbie, tu dis BEAUTÉ.

D'ailleurs, "le syndrome de Barbie", découvert en 1995 par des chercheurs américains, a été diagnostiqué chez plusieurs jeunes filles. Il s'agit, en fait, de désirer partager l'apparence physique et le mode de vie de ladite poupée.

En plus d'avoir un corps disproportionné, Barbie a la chance d'être éternellement jeune. Elle est intemporelle puisqu'elle ne vieillit jamais. Pas de poils, pas de rides. Toujours ce même petit sourire parfait. Et quand je dis Barbie, tu dis JEUNESSE.

Pourtant, certaines éditions de la poupée Barbie sont enceintes. Même avec un corps d'adolescente prépubère, elle est capable d'enfanter. Chanceuse la Barbie!

Barbie alimente aussi les rêves des fillettes avec tout ce qu'elle possède. Maison, chalet, voitures, vêtements, chaussures et accessoires, sans compter les nombreux animaux domestiques font partie de ses avoirs. Qui ne serait pas tenté? Quand je dis Barbie, tu dis VIE DE LUXE.

Personnellement, je parlerais plus de surconsommation, mais c'est selon.

Barbie ne fait pas que troubler les illusions des enfants. La poupée engendre un réel phénomène de société. Effectivement, les grands designers désirent habiller la poupée Barbie. Les plus grandes marques veulent associer leur nom à la fameuse poupée. Pourquoi? C'est simple. Parce que quand je dis Barbie, tu dis PERFECTION.

À qui pourrais-je reprocher de vouloir se lier à la perfection?

Quand je dis Barbie, tu dis BEAUTÉ, JEUNESSE, VIE DE LUXE et PERFECTION.

Mais moi, quand je dis Barbie, je dis IDÉOLOGIE.

samedi 9 octobre 2010

Ce qu'on ne sait pas sur Barbie...

Quelques faits surprenants concernant Barbie:

· En 1959, chaque poupée se vend au prix de 3$.

· Depuis sa création, plus d’un milliard de poupées Barbie (incluant famille et amis) ont été vendues (≈20 millions/année).

· Elle est disponible dans plus de 150 pays.

· Les Américaines possèdent en moyenne 8 Barbie. Les Italiennes suivent de près avec 7 et les Françaises et les Allemandes arrivent 3e avec un nombre un peu plus raisonnable, soit 5.

· 500 : le nombre de retouches dont a fait objet le visage de Barbie. Ses traits ont changés à maintes reprises.

· La première édition de Barbie mesure 29,5 centimètres.

· Une femme qui partagerait les mensurations de la poupée aurait un tour de buste de 99 centimètres, un tour de taille de 48 centimètres et un tour de bassin de 84 centimètres.

· Barbie est sans aucun doute l’amie des animaux: elle possède plus d’une quarantaine d’espèces.

· Ladite poupée fait rêver Ken avec son parc automobile qui compte plusieurs cabriolets, maintes calèches, quelques modèles de tout-terrains, plusieurs traineaux et scooters ainsi qu’une beach-mobile, une maison-mobile et le plus récent VTT.

· Contrairement à Barbie, Ken ne change pas vraiment. En 2005, Barbie rompt sa relation avec Ken, le remplaçant par un surfeur australien nommé
Blaine. Face à l’impopularité de ce dernier auprès des fillettes, l’entreprise relance Ken en février 2006.

· Beaucoup de vedettes ont pris la forme de Barbie. Les versions les plus populaires?
Madonna, Cher et Marilyn Monroe.

Barbara M. Roberts

Barbara Millicent Roberts.

Ce nom ne vous dit probablement pas grand chose. Pourtant, cette femme est une des célébrités les plus connue sur Terre.

Présentons-la. Peut-être la replacerez-vous?

Nom complet : Barbara Millicent Robert.

Date de naissance : 9 mars 1959.

Lieu de naissance : New York, lors de l’American Toy Fair.

Créateurs : Ruth et Elliot Handler (fondateurs de l’entreprise Mattel), inspirés par la poupée mannequin allemande Bild Lilli.

Description : Poupée de plastique aux mensurations improbables destinée à l’amusement des jeunes filles et répondant au surnom de Barbie.

À son actif : Plus de 50 nationalités, 100 carrières, 300 pages Facebook, 1000 canaux YouTube et près d’un milliard de vêtements (dont plusieurs dessinés par des stylistes de renom tels qu’Oscar de la Renta, Chanel, Dior et bien d’autres).

Son histoire : Créée et commercialisée en 1959, Barbie connait un succès instantané (plus de 350 000 exemplaires vendus la première année). Rapidement suivie par Ken en 1961, elle fait son apparition en France dès 1963. Durant les cinq premières années de sa vie, Barbie n’est disponible qu’en noir et blanc (cheveux platine, yeux à la prunelle blanche et habillée d’un maillot zébré). Son apparence changera rapidement et fréquemment puisqu’un « relooking » est fait tous les 7 ans depuis 1965. En 1964, Barbie impressionne : elle peut maintenant ouvrir les yeux et plier les genoux! Son type ethnique se diversifie dès 1967 et plus systématiquement à partir de 1980. Au fil des ans, l’entreprise Mattel créera des amis et de la famille pour son enfant fétiche. Barbie n’a même pas le temps d’atteindre les 6 ans qu’elle sème déjà la controverse. D’ailleurs, malgré sa grande popularité, la poupée aux allures slaves est encore et toujours critiquée.   

mardi 5 octobre 2010

Consignes

1. Présentation générale du mythe
a. Explication très générale du sujet ( supposant qu'on s'adresse à un lecteur qui ignorerait tout)

   BARBIE

b. Explication du caractère mythique du sujet ( en quoi parle-t-on d'autre chose que de ce que cela est en soi lorsqu'on en parle?)

c. Présentation sommaire des raisons pour lesquelles il est permis de supposer une fonction idéologique à ce mythe.

d. Mise en page et fonctionnalités adaptées au blog
       - Multimédia: images, vidéos, hyperliens, etc.
       - Libellés (qui feront office de table des matières)

2. Analyse sémiologique du mythe (Schéma + explication)

a. Reproduction du schéma et identification des différentes coposantes

b. Justification de l'interprétation.